La gestion de l’éco-anxiété en temps de changements climatiques

La gestion de l’éco-anxiété en temps de changements climatiques

*Article original écrit en français*

Qu'est-ce que l'« écoanxiété »? 

 

Récemment, vous aurez sûrement rencontré de plus en plus ce nouveau terme, l’« écoanxiété ». Ce néologisme aurait émergé afin de décrire une détresse émotionnelle assez commune et de plus en plus fréquente chez les générations plus jeunes face aux enjeux climatiques. Elles expriment de l’inquiétude pour leur avenir et celui de notre planète, et voient simultanément les générations plus vieilles dans l’inaction et l’incompréhension face aux enjeux climatiques (Hickman, 2020). Ce qui explique le fait que l’écoanxiété serait, entre autres, provoquée par des sentiments d’impuissance, d’incertitude et d’imprévisibilité face au futur de notre planète (Panu, 2020). On parlerait même d’une angoisse existentielle pour certains - et avec raison! Qui peut se permettre d’imaginer son avenir de façon concrète dans une telle période d’incertitude?

Ceci est sans compter le fait que l’écoanxiété peut parfois amener une certaine paradoxalité, car l’expérience émotionnelle liée à l’anxiété provoque bien souvent des réactions d’évitement. La gestion de cette celle-ci peut donc parfois se faire en ignorant les enjeux environnementaux ainsi que notre impact sur ceux-ci, par exemple en restant dans l’inaction, ce qui contribue d’autant plus au sentiment d’impuissance face à l’environnement. À l’inverse, les comportements pro-environnementaux seraient davantage provoqués par une « éco-colère », qui nourrit habituellement des comportements plus proactifs (Stanley et al., 2021).

 

L'importance d'être bienveillant envers soi-même

 

Somme toute, la crise climatique est un enjeu de taille qui peut souvent être perçu comme une grosse montagne à surmonter, parfois même trop grosse. Il est donc primordial d’entretenir une attitude de bienveillance envers soi-même, car bien que chaque geste compte, l’expérience émotionnelle liée aux enjeux climatiques peut parfois être prenante et prendre le dessus sur nos comportements face à l’environnement. Avec cette bienveillance doit aussi venir une acceptation de certains dilemmes avec lesquels il est parfois difficile ou même impossible de composer, par exemple lorsque les options durables ne sont pas les plus accessibles, que ce soit financièrement ou autrement. Ceci est surtout vrai dans un système capitaliste qui priorise la productivité de masse et les profits sans égard aux impacts environnementaux qui en résultent.

 

Des solutions

 

Heureusement, plusieurs moyens existent pour mieux gérer l’écoanxiété si l’énergie n’est pas au rendez-vous. L’un d’entre eux serait d’effectuer des petits changements réalistes à son quotidien qui s’alignent avec nos valeurs pro-environnementales (Skedel, 2022).

On peut penser, par exemple, à:

  • Acheter seconde main (pssstt avez-vous vu notre boutique 2e vie? Elle est juste ICI)
  • Prendre le transport en commun
  • Composter ses déchets organiques

Ces options abordables ne requièrent pas un changement drastique de mode de vie, et peuvent aider à ne pas se sentir dans l’inaction et l’impuissance complètes face à un enjeu qui nous tient à cœur. De plus, si notre fibre activiste n’est pas particulièrement développée ou stimulée, une action simple que tout le monde peut faire est d’aller voter! Offrir plus de pouvoir décisionnel à un parti aligné à nos convictions environnementales est un petit geste qui peut faire toute la différence. 

 

Conclusion

 

Finalement, parler de notre ressenti face à tous ces enjeux avec des ami.e.s ou d’autres membres de notre entourage est certainement bénéfique, que ce soit pour connecter avec les autres sur des préoccupations communes, pour maintenir un filet de soutien social ou pour se sentir moins seul.e face à cette difficulté d’envergure (Skedel, 2022).

Les changements climatiques touchent tout un chacun de près ou de loin, qu’on le veuille ou non! Peut-être trouverez-vous ce sentiment d’angoisse face au futur plus facile à affronter en tant qu’expérience commune, et qu’une certaine lueur d’espoir pourra en émerger.

 

Dans la même thématique vous pouvez lire; ''6 gestes écologiques à adopter au quotidien'' juste ICI.

 

Mélissandre Leblanc

Doctorante en psychologie, UQAM